Le geste de toucher est vieux comme le monde, c’est la plus ancienne et plus instinctive des « médecines ». Le toucher est l’un des 5 sens dans notre civilisation, mais dans notre société il est le sens le moins utilisé, chargé de connotations négatives (sexualité, tabou…). Adulte, nous en sommes souvent en manque, handicapé de ce mode relationnel, coupé de lui.

Pourtant il est le premier sens sur lequel l’enfant se construit, l’enfant baigne dedans. C’est un univers de perceptions tactiles et de sensations corporelles qui représente la majeure partie de la réalité intra-utérine. Chez le nouveau-né et petit enfant, il est extrêmement important, il est indispensable à la survie. Le nouveau-né a besoin de contact autant que de nourriture et pas seulement pour son épanouissement affectif mais aussi son développement physique.

Le toucher, massage bien-être participe à la relaxation, à une meilleure estime de soi, à une diminution de l’anxiété. La peau étant un système très complexe de même origine embryonnaire que le système nerveux, le toucher influe directement sur le stress et a des conséquences à la fois physiques et psychiques.

Le toucher, le contact amènent d’abord à se reconnaitre dans son enveloppe incarnée et donc à prendre conscience de soi, ici et maintenant, dans son corps. C’est se réapproprier de soi, se reconnaitre du schéma corporel, redevenir entier. C’est un acte d’abord relationnel, de reconnaissance.

C’est un acte de contact, qui invite la reconnaissance et l’expression de ce qui est resté inscrit, inconscient dans le corps. Le corps garde lui aussi en mémoire  l’histoire et le vécu de la personne. Il a à parler et il a ce besoin d’être accueilli, entendu pour se libérer. Il porte en outre les blessures, traces physiques et psychiques, les traces des manques et des interdits. Il est révélateur quand il est lu de notre façon d’être au monde et de nous en protéger (posture, tensions, douleurs : « tendre le dos », « porter le monde sur ses épaules », « baisser la tête », « avoir les jambes coupées »…). Ainsi, le corps est une porte d’accès et d’expression de l’être (avec la respiration), une porte vers les espaces intérieurs. 

Agir sur le corps, faire de nouveaux choix d’attention à son égard, c’est agir sur le psychisme et sur la relation au monde. Les techniques utilisées sont le massage californien, la relaxation coréenne, la pression shiatsu. Le toucher-massage est toujours en lien avec des temps de paroles, de partages au début et en fin de séance, après un temps d’intégration.

L’observation corporelle, le toucher, le contact,  le massage c’est, en s’associant avec présence, conscience et expression, l’opportunité de découvrir, d’exprimer depuis ce qui est resté inscrit. Cela implique donc une volonté, une participation, une implication, un engagement du client. C’est une voie d’accès à l’enfant qui n’a pu s’exprimer, aux ressentis cachés de l’adulte. C’est une voie d’accès à l’histoire, à ce qui est bloqué, à ce qui n’a pu être dit, aux émotions interdites.

Rien ne se perd, tout s’inscrit si non reconnu et non exprimé. Un blocage physique peut être est en lien avec des blocages énergétiques, émotionnels associés et inversement : le corps peut ainsi permettre l’accès aux émotions, à l’énergétique et les émotions peuvent s’exprimer à travers le corps.

Le corps et la respiration sont inextricablement liés, l’un étant révélateur et accès à l’autre et vice versa. L’observation, le toucher, le contact sont autant d’opportunités de contacter les habitudes et réflexes limitants qui nous réduisent au monde dans nos capacités de ressentis, d’expression et nos potentiels d’être. Dans l’inconscience, limités par nos peurs et nos croyances nous ne respirons, n’utilisons qu’un petit pourcentage de nos possibilités, de nos polarités. La respiration est réflexe, et contrôlée. Par son intermédiaire, en la limitant dans son amplitude, son rythme ou sa localisation, nous nous coupons, nous privons en nous protégeant. À travers le toucher, la respiration est explorable, donc  modifiable dans sa localisation, son rythme, son amplitude. Elle s’ouvre, exprime, gagne en potentiels.

 «  Les mains sont les cerveaux extérieurs de l’homme. »  Kant. 

 

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